« Les “pogs” partent à la conquête des cours de récréation », titrait Le Monde le 31 mai 1995. Plus de trente ans après, pour savoir comment jouer aux POG, trois gestes suffisent toujours : on empile les POG face contre le sol, on lance un kini sur la pile, et on gagne ceux qui se retournent. Voici la règle pas à pas, les variantes des cours de récré, le vocabulaire à connaître et l'histoire de ce jeu né à Hawaï.
Il faut être au moins deux, avec chacun quelques POG. Un POG est un disque de carton d'environ 4 cm de diamètre : une face illustrée, l'autre unie ou marquée d'un logo. Pour frapper la pile, chaque joueur a son kini, un palet de même diamètre mais plus épais et plus lourd, en plastique ou en métal.
Installe-toi sur une surface plane et dure : une table, un carrelage ou le sol de la cour. Pas besoin de plateau ni de feuille de score : on compte les POG gagnés.
Voici la règle classique, celle des cours de récré des années 90, qui est aussi celle des POG réédités aujourd'hui :
Le but est donc simple : retourner le plus de POG possible. Comme aux billes, on peut y perdre des pièces de sa collection, d'où la question à régler avant la première partie.
Chaque cour de récré avait ses règles, et le jeu s'y prête : Le Monde notait déjà en 1995 qu'on pouvait les modifier au gré des joueurs. Quelques variantes :
Jouer pour garder a valu aux POG d'être interdits dans de nombreuses écoles, en Amérique du Nord notamment : garder les POG de l'adversaire ressemblait trop à un jeu d'argent. Avec des enfants, la partie aux points évite bien des disputes.
| Le mot | Ce qu'il désigne |
|---|---|
| POG | le disque de carton, et le nom du jeu : le sigle d'un jus hawaïen à la passion, à l'orange et à la goyave (guava en anglais) |
| Kini | le palet qu'on lance sur la pile, aussi appelé dégommeur ; slammer en anglais |
| Pogger | le joueur |
| La pile | les POG misés, empilés face illustrée contre le sol |
| WPF | la World POG Federation, l'éditeur américain des POG ; son nom est imprimé au dos des POG officiels |
| Pogman | la mascotte poilue au grand sourire, dessinée par Mitchell Lee Schauer, futur créateur des Castors allumés |
| Caps, Wackers, Taps | des imitations : Panini a sorti ses Caps aux couleurs de Pocahontas, du Roi lion ou de Dragon Ball Z |
Le jeu est né à Hawaï, sans doute sur l'île de Maui, dans les années 1920 ou 1930. Les enfants jouaient avec les rondelles de carton des bouchons de bouteilles de lait. Une laiterie de Maui s'en est ensuite servie pour faire connaître son jus POG, d'où le nom.
En 1991, une enseignante d'Oahu, Blossom Galbiso, apprend à ses élèves ce jeu de son enfance : un jeu sans violence, qui lui sert aussi pour les cours de calcul. La mode gagne tout Hawaï, puis le continent américain. Un homme d'affaires américain, Alan Rypinski, rachète les droits du nom POG, et sa World POG Federation vend les POG en pochettes. Au milieu des années 90, c'est un phénomène mondial.
En France, les premiers POG officiels sortent le 3 mai 1995. La licence appartient à Avimage, la société qui avait lancé les Crados, et qui distribue des POG gratuits à la sortie des écoles pour lancer la mode. Une pochette de cinq POG coûte 8 francs, soit environ 2 euros d'aujourd'hui, et se vend au bureau de tabac comme en grande surface.
Le succès est immédiat. Le 19 mai 1995, le journal de 20 heures de France 2 montre les POG qui envahissent les cours de récréation. Des marques en offrent avec leurs produits, de Candia à BN en passant par McDonald's, et les imitations se multiplient, au point que la pub télé des POG met en garde contre les faux.
Le phénomène monte jusqu'à l'Assemblée nationale. En juillet 1995, un député demande au ministre de l'Intérieur si son ministère compte s'en servir pour des messages de prévention, comme la police le fait aux États-Unis. La réponse, publiée en octobre, est non : il faut des supports durables, et ces jeux dépendent trop de la mode. La vague retombe d'ailleurs aussi vite qu'elle est venue. Deux ans plus tard, à la mi-mai 1997, c'est le Tamagotchi qui arrive en France.
Les POG sont revenus : depuis 2021, Zygomatic, une marque du groupe Asmodee, les réédite avec la même règle, et Pogman est de retour sur les rondelles. Tes POG d'époque se jouent de la même façon : il suffit d'un kini et d'un adversaire.
D'autres jouets des années 90 ont suivi le même chemin : l'Original Tamagotchi Berry Delicious reprend le programme de 1996. Notre guide des jouets années 90 passe en revue les rééditions et les jouets d'époque de cet univers, jusqu'aux bonbons années 90.
C'est le kini, qu'on appelait aussi dégommeur, et que les anglophones nomment slammer. Il a le même diamètre qu'un POG, mais il est plus épais et plus lourd, en plastique ou en métal.
Au moins un par joueur, et le même nombre pour tout le monde. Plus la pile est haute, plus la partie dure : à toi de choisir combien tu mises, surtout si vous jouez pour garder.
Les premiers POG officiels sont sortis le 3 mai 1995, vendus par Avimage, et la mode a gagné les cours de récré dès ce printemps-là. Aux États-Unis, la vague avait commencé plus tôt, au début des années 90.
POG est le sigle de passion, orange, goyave (guava en anglais) : les trois fruits d'un jus hawaïen. Le jeu a pris son nom parce que la laiterie qui fabriquait ce jus glissait des rondelles de carton dans ses bouteilles.
Comme avec les autres. À la rentrée 2019, McDonald's France a glissé dans ses Happy Meal une collection de 200 POG aux couleurs de la Warner : Looney Tunes, Scooby-Doo, DC Girls. Son communiqué rappelait la règle : on empile les POG, on vise la pile avec un jeton plus épais, et ceux qui se retournent sont gagnés.
Découpe des disques d'environ 4 cm de diamètre dans un carton rigide, puis dessine ou colle une image sur une face. Au plus fort de la mode, on vendait même des machines pour fabriquer ses POG soi-même.
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